Pourquoi mettre tous ses œufs dans le même panier ?

 

Les (géniaux) concepteurs de Forza 4 viennent de confirmer que la marque de Stuttgart ne sera pas présente dans le prochain opus du désormais challenger officiel de Granturismo. Les raisons, après de longues négociations auprès de l’ogre Electronic Arts pour avoir le droit d’intégrer les légendaires voitures de sport allemandes, le petit éditeur Turn 10 doit désormais se résoudre a confirmer l’issue de cette longue négociation aux « Xboxiens » : pas de Porsche dans Forza!

Maigre consolation, à l’instar de Polyphony Digital (Granturismo), quelques Ruf seront proposées mais cette compensation ne permettra pas de combler le vide des 35 Porsches initialement prévues dans la 4ème édition.

Alors qu’au même instant, EA diffuse actuellement sur la toile les teasers de son prochain « best seller », Need for Speed RUN, en révélant à la fois un large choix de modèles historiques de la marque (993 GT3, 997 GT3 RS 4.0 l, …) mais également une avant-première jouable dès le 14 octobre : la nouvelle 911 type 991 récemment révélé au public et que nous retrouverons pour la première fois au salon de Francfort.

Certes la licence Need for Speed n’a plus rien à prouver en terme de crédibilité dans l’univers des jeux de course automobile (100 millions de copies toute série cumulée), mais je qualifierais plus la série des NFS comme jeu d’arcade et non comme une véritable simulation automobile. Les jeux d’arcades sont très bien pour débuter, pour les teenagers ou pour les « touristes », mais pas pour les mordus de courses automobiles hyperréalistes. Je comparerai NFS comme un film réalisé par Jerry Bruckheimer (amusant mais un peu lourd) alors que Forza et Granturismo seraient dirigés par Martin Scorsese, Brian de Palma ou James Cameron.

Alors messieurs de Stuttgart, pour qui le mot « moyen» ne fait pas partie de votre vocabulaire d’ingénieur, je ne comprends votre stratégie ! Bien sûr nous ne vous demandons pas de reproduire le modèle de vos homologues de la région de Modène qui déversent les droits d’utilisation de leur licence au cheval cabré à n’importe quel industriel peu scrupuleux, mais pourquoi laisser votre notoriété exploitée par un unique éditeur de jeux vidéos qui est loin voire très loin d’atteindre le niveau d’exigence légendaire de vos modèles?

P.S crédits Photos originale / Michel Denis Huot©

“Grand Prix”, et si c’était lui le film ultime dédié à la compétition automobile?

Vu hier soir avec la complicité de Bonneville (Beyond the speed of spirit Editor) : « GRAND PRIX ». Le film oscille entre le purement extraordinaire(le respect fidèle de l’esprit de la compétition telle qu’on la pratiquait encore dans les années 60, les répliques incroyablement justes au beau milieu des causeries abrutissantes de personnages sous Prozac, la restitution élégante de l’âge d’or, Yves Montand James Gardner) et l’affligeant (la musique et les 17 remix de la même mélodie de Maurice Jarre sur 2h30 de film, ou encore les dialogues édifiants, Yves Montand James Gardner…)

Une autre chose rare, John Frankenheimer exprime une dévotion réelle au sport qu’il met en scène sans le travestir :  il y a là de la noblesse et du respect, et, chose rare (notable à une époque où les contraintes techniques pour réaliser un tel film étaient sans commune mesure avec ce qu’elles sont aujourd’hui), le ressenti de ce qu’est une course automobile ; la tension lancinante, la juste proportion de peur et d’excitation est rendu avec justesse.

Bref, et dans la mesure où vous avez pour les sports mécaniques un minimum d’intérêt, « Grand Prix » est un ovni aux couleurs saturées, un bibelot cinématographique pour les uns, un péplum atmosphérique pour d’autres, avec en prime un héros auquel on a donné la voix de Charlon Heston. “Faites vos jeux et que la chance vous sourit”.

 

Dan Greenawalt dévoile lentement les surprises d’un Forza 4 toujours plus prometteur.

 

« On ne considère d’ailleurs plus vraiment cela comme de la capture de véhicules, mais c’est plutôt comme si on créait de véritables univers » Dan Greenawalt à propos de la modélisation des véhicules dans Forza 4.

Comme beaucoup d’autres, nous avons été soufflés par Forza 3 qui a profondément modifié et remanié la hiérarchie presque immuable des simulations de sport automobile. Je ne parle ici que pour moi et le sujet est par trop polémique pour que je m’essaie à une dissertation, mais les joueurs, quels que soient leurs profils ont été surpris par un Forza III au delà des espérances et déçu par Gran Turismo V  bien en deça des attentes qu’il avait suscitées. Les articles éloquents sur le sujet sont assez nombreux, mais on peut brièvement barrer au bic rouge le feeling chirurgical et austère, la beauté froide des environnements, l’enchaînement convenu des événements et par dessus tout un manque de fun à ce point patent qu’il mine l’expérience toute entière. Combien de fois nous sommes nous répétés, écrasés par la frustration, qu’il y avait dans le traitement de la licence Top Gear un gâchi prodigieux. À force d’être l’alpha et l’omega de la simulation virtuelle, Gran Turismo s’est égaré dans une surenchère babylonienne, privée de grâce et d’enthousiasme.

Je pousse le trait, bien entendu, mais nous avons cru si fort dans la persistance du mythe, si aveuglément espéré que notre attente serait relativiser par son degré d’aboutissement que le résultat final est devenu inacceptable. Les passionnés que nous sommes continuent à le pratiquer avec assiduité et à s’émouvoir de courses en lignes souvent épiques mais le fait est qu’après seulement 6 mois, Gran Turismo V n’émeut plus personne et que tous les regards sont désormais tournés vers Forza  4.

Rappelons nous : une plastique certes en retrait par rapport à GT mais une physique démonstrative, des sensations généreuses et un plaisir élémentaire que l’on ne croyait pas trouver là. Je me rappelle en particulier, dans un des teasers vidéo précédant sa sortie, de la croupe d’une Bugatti Veyron engageant doucement sur la droite tandis que son pilote libérait un torrent de couple et que la voiture retrouvait sa posture en souplesse dans une grande trainée  de gomme : la gestion du poids et de l’inertie du moteur à basse vitesse en fonction de la vitesse de rotation, tout simplement. Des exploits techniques comme celui-là, Forza 3 en a accompli des dizaines dont on prenait la mesure en le pratiquant encore et encore. Mais de manière générale, le sentiment qui se dégageait, c’est celui d’une tapageuse maitrise technique entièrement dédié à forger une expérience mémorable et jouissive.

Le voilà le fin mot de ce schisme entre les deux ténors du pilotage de salon : le plaisir ! Or précisément, et pour revenir à nos moutons, lorsqu’on lit cette interview, c’est le plaisir que l’on sent affleurer dans les répliques souriantes et malicieuses de Dan Greenawalt, celui de quelqu’un qui matérialise son rêve, s’en amuse, jouit par anticipation de la bonne surprise qu’il nous réserve.

Une carrière générée dynamiquement en fonction de vos véhicules fétiches, des modélisations incroyablement précises qui s’apparentent à une quasi recréation pièce par pièce des véhicules, une gestion des sources lumineuses qui propulse le rendu dans l’espace du photoréalisme, un mode autovista allié à Kinect, et une météo dont on ne sait rien mais qui en devient du même coup captivante et pleine de possibilités. Pour aller au bout de cette interview donné par Greenawalt à Hosteel de Gamekult :

Interview de Dan Greenawalt sur gamekult.com

Ferrari 458 Spider, brillante en diable! Que reste t-il à la 458 Italia?

La Ferrari 458 Spider tout juste dévoilée, une foultitude de remarques se pressent, naturellement accompagnées d’une vague de désir assez familière.

Incontestablement belle, (mais comment pourrait t-il sérieusement entre être autrement compte tenu de la base sur laquelle elle repose ?) cette 458 Spider rappelle immédiatement l’ère des 355, 348, et toute la lignée des berlinetta GTS. C’est en tout cas ce que l’on pense lorsque l’on ne dispose que des photos du communiqué de presse, or c’est dans la transition entre les positions ouverte et fermée que s’opère la vraie révolution. La cinématique récemment révélée dans une vidéo disponible ici http://www.youtube.com/watch?v=bDXz0huA1-Q montre avec quelle aisance le toit en aluminium s’escamote sous le capot moteur. On ne dispose pas encore de photo officielle de la 458 avec le toit en position fermée, mais le film donne une bonne idée de ce dont la voiture aura l’air.

 

Les prolongements carénés des deux places du poste de pilotage sont idéalement agressifs en position découverte mais on voit clairement une fois le toit déployé qu’ils ont aussi pour mission de reproduire le profil original de la 458. C’est donc doublement bien vu, et si l’on ajoute la force et le sex-appeal de la vue trois quarts arrière à l’équilibre préservé du profil, on obtient un résultat potentiellement supérieur à la 458 Italia. Chacun y trouvera son compte, et les plus réfractaires au décapsulage en général vont peiner pour étayer leurs plaintes..

Bon, je vais être honnête et reconnaître que le principe et la réalisation sont semblablement concluantes / j’entrouvrirai juste le placard à railles histoire de rappeler que la Maranello 550 Superamerica avait (certes sans le tour du capot moteur) initié la première ce procédé..  Mais pour revenir à des considérations autrement décisives (oui j’insiste, le printemps arabe c’est important mais une découvrable Ferrari aussi),  on peut raisonnablement s’interroger sur le principe même du coupé et du bien fondé de sa persistance. La 458 spider va sans doute restituer sans parasite l’intégralité de l’expérience de sa sœur ainée (rigidité structurelle préservée, absence de surpoids crédible compte tenu du mécanisme hautement simple, etc) sans exiger de contrepartie véritable (qui a dit le prix ???). Certainement des nuances dans les chiffres de performances communiquées et le tarif majoré suffiront t-ils à préserver la logique du coupé, mais c’est une des premières fois que l’on assiste à une démonstration aussi probante dans la league des supersportives.

MAJ. 25.03.2013, premier essai de la F458 Spider, et capture des râles du V8.

TH8 RS / le pendant du T500 RS disponible cet automne.

Il a le volant, il aura le levier. TH8 RS, cet automne.

Il est question ici de virtuel mais largement revu selon les canons de l’époque. Il est loin le temps du pilotage en morse, à grands coups de courbes télégraphiées gauche gauche droite gauche. Le T500RS de Thustmaster, volant dédié à la simulation sur PS3 et revêtu de l’onction Gran Turismo, propose depuis le mois de janvier une finesse de direction inégalée (65000 pas de rotation échelonnés sur 1080°). On se plaignait lors de sa commercialisation de l’absence de levier de vitesse. Il était alors promis aux amateurs que l’affront serait lavé dans l’excellence. Le jour est arrivé, ou presque. Ce n’est pas notre propos de mettre en ligne des review mais comme le staff en possède un, nous serons sans doute appelés à vous livrer une opinion. En attendant, le tarif lui, est à l’heure : 149€.